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Saint-Brieuc possède un patrimoine Art déco remarquable, souvent lié au travail du célèbre mosaïste Isidore Odorico et de l'architecte Jean Fauny.

Voici l'itinéraire d'une balade de 2 à 3 heures avec les 16 principaux sites Art Déco de la Ville.

Pour jeter un coup d'œil sur la carte Google qui vous guidera, cliquez la

            Présentation des 11 sites Art Déco de Saint Brieuc           

Liste à imprimer et à lire lors de votre balade...

  1. Chapelle Saint-Yves : L’un des trésors les plus spectaculaires du patrimoine Art Déco en France. Elle fait partie de l'ancienne Maison Saint-Yves (l'ancien Grand Séminaire) et a été élue 8ème monument préféré des Français en 2022. Une Architecture de Transition : Elle a été conçue par Georges Robert Lefort et achevée en 1929. Structure Moderne : Lefort a utilisé le béton armé (une audace pour l'époque dans un édifice religieux) tout en l'habillant de granit et d'enduits pour conserver un lien avec la tradition bretonne. Le Style : C'est un mélange unique de modernisme Art Déco et de Néo régionalisme. On y voit une influence de l'art roman irlandais, notamment dans la forme des portails. Le Mouvement "Seiz Breur" (Les Sept Frères) La chapelle est considérée comme une "œuvre d'art totale" car elle a été décorée par les artistes du mouvement Seiz Breur, qui voulaient moderniser l'art breton : Symbolique Bretonne : Partout, les motifs traditionnels sont stylisés. Vous remarquerez des artichauts sculptés sur les montants des bancs (rappelant l'agriculture locale) et des motifs de coquilles Saint-Jacques ou de triskels. L'Ermine et le Noir & Blanc : Le dallage au sol reprend les couleurs du drapeau breton (Gwenn ha Du).Le célèbre mosaïste rennais Isidore Odorico a réalisé ici l'un de ses plus beaux travaux : L'Autel : Il est entièrement recouvert de mosaïques aux couleurs chatoyantes (or, bleu outremer, vert émeraude). Géométrie Art Déco : Contrairement aux églises classiques, le décor est principalement géométrique, utilisant des tesselles de couleurs vives qui captent la lumière de façon exceptionnelle. La Crypte et les Fresques. Xavier de Langlais : La crypte abrite des fresques peintes par cet artiste majeur du mouvement Seiz Breur. Son travail à fresco est d'une grande pureté, avec des visages et des scènes d'une modernité frappante pour 1949. Le Chemin de Croix : Réalisé par Lefort lui-même, il est très sobre, privilégiant le texte et le symbole plutôt que les scènes figuratives classiques. Visite : La chapelle est généralement ouverte au public gratuitement (du lundi au vendredi, environ 9h-12h30 / 13h30-18h, et le samedi matin).  C'est un lieu "atypique" où le béton rencontre la mosaïque byzantine et l'âme bretonne. Un incontournable si vous aimez l'Art Déco !
  2. Cité-Jardin de Ginglin, un ensemble emblématique du logement social de l'entre-deux-guerres. Une belle maison exemplaire au 14 Rue de la Prospérité Saint-Brieuc 22000
  3. Unusti : 1 rue de la Solidarité ; une adresse hautement symbolique de la Cité-Jardin de Ginglin. Le Cœur Social Ce bâtiment n'est pas une simple habitation. Inauguré le 15 juin 1934, il a été conçu dès l'origine comme la Maison Commune du quartier. C'était le centre névralgique de la vie ouvrière, un concept novateur pour l'époque. À son ouverture, le bâtiment regroupait des services essentiels pour les habitants de la cité : Une salle des fêtes. Un dispensaire. Un bureau de Poste. Une bibliothèque. Plus tard, il a même accueilli un cinéma. Aujourd'hui Il conserve sa vocation publique et sociale en abritant des services municipaux et associatifs (centre social du quartier) Conçu par l'architecte Jean Le Gouellec et l'ingénieur Legarçon, le style du bâtiment est caractéristique de la modernité des années 1930 : imposant et sobre : Contrairement aux pavillons environnants, le numéro 1 présente une volumétrie massive et une façade dépouillée, typique de l'Art déco institutionnel. Les détails sont limités mais soignés, avec un jeu sur les lignes horizontales et des loggias stylisées (inspirées du type "Aristide"). L'usage du béton et des enduits lisses affirme la rupture avec l'habitat traditionnel breton en granit, prônant une hygiène moderne (lumière et aération). Le choix du nom "Rue de la Solidarité" n'est pas un hasard. Il illustre les valeurs humanistes de la Loi Loucheur (1928). La Cité-Jardin devait être un lieu où la solidarité de voisinage était encouragée par la présence de jardins familiaux et d'espaces collectifs. Ce bâtiment fait désormais partie du Site Patrimonial Remarquable de la ville et a été identifié comme un témoin majeur de l'architecture du XXe siècle, pouvant prétendre au label "Architecture Contemporaine Remarquable".
  4. Eglise Sainte-Thérèse Pl. Sainte-Thérèse : un joyau de l'architecture Art Déco et un témoignage majeur du renouveau de l'art chrétien en Bretagne au début du XXe siècle. Construction (1929-1932) : L'édifice a été construit pour répondre à l'extension urbaine de Saint-Brieuc vers le sud (quartier de Gouédic). Elle a été consacrée plus tard, en 1955. Elle est l'œuvre de James Bouillé (1894-1945), figure centrale du mouvement artistique breton Seiz Breur et créateur de l'Atelier breton d'art chrétien. Bouillé était un disciple de Dom Paul Bellot, le célèbre "moine bâtisseur". Le bâtiment est labellisé "Architecture Contemporaine Remarquable" (ACR) par le Ministère de la Culture, soulignant son importance dans le patrimoine du XXe siècle. Matériaux mixtes : L'église combine la tradition et la modernité. Elle est bâtie en granit (provenant de la vallée du Gouëdic) pour les murs, mais utilise largement le béton armé pour sa structure interne. Structure innovante : James Bouillé a remplacé les bas-côtés traditionnels par de simples galeries de circulation insérées dans les culées du transept. Cela libère une vaste nef de 43 mètres de long sur 20 mètres de large. Arcs en mitre : À l'intérieur, on remarque six grands arcs en tiers-point (ou arcs polygonaux) qui culminent à 17 mètres, un motif récurrent influencé par le style de Dom Bellot. Luminosité et Pureté : Contrairement aux églises anciennes, Sainte-Thérèse surprend par sa grande clarté. Le style est très épuré, fuyant la surcharge ornementale. Vitraux Géométriques : Les vitraux ne comportent pas de scènes bibliques figuratives classiques, mais des motifs géométriques qui jouent avec la lumière. Chemin de Croix : L'intérieur conserve son décor d'origine, notamment un remarquable chemin de croix typiquement Art Déco.
  5. 4 Rue Pierre Loti, -  L'Îlot Pierre Loti est un ensemble architectural remarquable. Il constitue un témoignage majeur du style Art Déco briochin des années 1930. L'ensemble a été aménagé entre 1927 et 1932 à l'emplacement de l'ancienne prison de la ville. Le projet visait à moderniser cette entrée de ville en créant un lotissement d'immeubles de rapport (logements bourgeois) et des bâtiments publics. L'îlot est célèbre pour ses façades élégantes, principalement aux numéros 2, 4 et 13 de la rue Pierre Loti : L'immeuble du n°4 a été conçu par l'architecte Adolphe Le Gouellec. La façade du n°4 est ornée de superbes mosaïques réalisées par l'atelier rennais Odorico. On observe des balcons en ferronnerie d'art, des "bow-windows" (fenêtres en saillie) et un usage mixte du béton et de la pierre locale (granit), typique de l'identité Art Déco de cette époque.
  6. 13 Rue Pierre Loti : Joli mosaïques au dernier étage en dessous du toit.  Maison "Ti Breizh". Elle est reconnaissable à sa plaque de faïence en façade portant la devise « Bon vent me pousse ». Elle fut la demeure d'Octave Louis Aubert, figure locale importante : éditeur, écrivain et grand promoteur du tourisme en Baie de Saint-Brieuc. Le rez-de-chaussée servait autrefois de lieu d'exposition pour les arts bretons.
  7. Lycée Ernest Renan, Boulevard Hérault, Saint-Brieuc Création du collège en 1924. Face à l'augmentation des effectifs, la construction de nouveaux bâtiments est décidée. Le nouvel établissement est inauguré le 29 mai 1938 par le Président de la République, Albert Lebrun, accompagné du ministre de l'Éducation nationale Jean Zay. C'est à cette date qu'il prend le nom d'Ernest Renan (célèbre écrivain et philosophe né à Tréguier). Le lycée est l'œuvre de l'architecte Georges Robert Lefort (1875-1954), figure majeure de l'architecture en Bretagne. Style Art Déco et Moderniste : Lefort a utilisé des matériaux modernes pour l'époque, notamment le béton armé et les pavés de verre. L'entrée principale est marquée par un porche en rotonde avec des colonnes en béton, rappelant le style d'Auguste Perret. Touches Régionalistes : Bien que moderne, l'édifice conserve des éléments traditionnels comme les toitures en ardoise, créant un lien avec l'identité bretonne. Le lycée bénéficie du label "Architecture Contemporaine Remarquable" (ACR), soulignant la qualité de sa conception. Grâce à l'impulsion de Jean Zay, le lycée a bénéficié d'un programme de décoration très riche, faisant de lui un véritable petit musée d'art moderne : Le Réfectoire : Il abrite une œuvre monumentale d'Henri Marret, "Les sports, éloge de la vie moderne" (1925), qui est un dépôt du musée du Louvre. Mouvement Seiz Breur : Des artistes bretons renommés comme Pierre Péron et Théophile Lemonnier ont également contribué aux décors. Fresques modernes : On trouve des œuvres plus récentes, comme la toile marouflée de Fañch Michelet Nicolas ("Jeux de lumière", 1974) dans le foyer, ou des fresques extérieures contemporaines sensibilisant à la biodiversité.
  8. 1 rue Saint-Benoît ; Un des bâtiments les plus emblématiques du centre-ville. Il est particulièrement célèbre pour son architecture "Style Paquebot", une variante tardive et épurée de l'Art Déco. Ce bâtiment a toujours eu une vocation commerciale forte, marquant l'entrée des rues commerçantes. IL a accueilli les magasins suivants  : 1935 - 1964 : La Quincaillerie Bretonne. C'est pour cette enseigne que l'immeuble a été conçu. Si vous regardez attentivement le haut de la façade, vous pouvez encore deviner l'emplacement des grandes lettres rouges qui affichaient le nom du magasin à l'origine. 1964 - 2006 : Meubles Morice. Le bâtiment devient un grand magasin d'ameublement très connu des Briochins pendant plusieurs décennies. Aujourd'hui : Basic Fit. Après être resté vide quelque temps, il a été réhabilité pour accueillir la salle de sport actuelle, tout en préservant sa structure historique. L'immeuble est l'œuvre de l'architecte Jean Fauny (1895-1973), qui fut également l'architecte départemental des Côtes-du-Nord. Style Paquebot : Ce style se reconnaît à ses lignes horizontales très marquées, ses angles arrondis et son aspect épuré qui rappelle les grands navires transatlantiques de l'époque. Structure innovante : Construit en 1935, il utilise des matériaux modernes : une structure porteuse en poteaux de béton et une charpente métallique, permettant de libérer de grands volumes intérieurs sans murs porteurs (idéal pour un grand magasin). Façade : Elle est recouverte d'un enduit blanc lisse, typique du courant moderniste, avec un quintuple bandeau en partie haute qui servait de support publicitaire.
  9. 11 Rue Saint-Vincent de Paul, 22000 Saint-Brieuc, France Joli bâtiment (occupé par la Cordonnerie Masson), un exemple très représentatif de l'architecture Art Déco et Moderniste des années 1930 à Saint-Brieuc. L'élément le plus frappant de cette façade est l'utilisation de volumes en saillie : Le Bow-window polygonal : Contrairement aux immeubles anciens en granit plat, celui-ci utilise une fenêtre en saillie de forme polygonale qui s'élance sur deux niveaux. Cela permet d'augmenter la surface intérieure et de capter la lumière sous plusieurs angles. Le décroché vertical : On observe un jeu de volumes asymétriques qui casse la monotonie de la rue, une caractéristique propre au mouvement moderne qui cherche à exprimer la fonction intérieure à l'extérieur. Bien que sobre, le bâtiment arbore des détails géométriques typiques de cette période : L'oculus (Fenêtre ronde) : Tout en haut de la travée centrale, un petit oculus circulaire vient ponctuer la façade. C'est un motif récurrent de l'Art Déco, rappelant l'esthétique des paquebots. Les garde-corps en ferronnerie : Les balconnets présentent des motifs géométriques rigoureux (lignes verticales et cercles stylisés). Ils ne sont pas de simples barrières mais de véritables ornements graphiques. Corniches et bandeaux : Des lignes horizontales marquent les étages et le sommet de l'édifice, soulignant la géométrie de la construction. Le Béton Enduit : Contrairement au bâtiment voisin à gauche (en granit traditionnel), cet immeuble utilise le béton armé, ce qui permet des formes plus audacieuses comme les avancées dans le vide. L'enduit clair est typique de la volonté de pureté du style moderniste. Les grandes ouvertures : Les fenêtres sont larges, avec des menuiseries à plusieurs vantaux, cherchant à faire entrer un maximum de clarté, une préoccupation majeure des architectes des années 30. Le Passage couvert : À gauche de la vitrine, l'immeuble intègre un porche privé. Cette gestion de l'espace, permettant de circuler sous le bâtiment, est caractéristique de l'urbanisme de cette époque. Cet immeuble s'inscrit dans la lignée de l'immeuble "Style Paquebot" que évoqué au numéro 1 de la même rue. Ils témoignent tous deux d'une époque où Saint-Brieuc modernisait son centre-ville avec des matériaux neufs et une esthétique tournée vers l'avenir.
  10.  3 Rue du Général Leclerc. Une étape clé du patrimoine Art Déco de la ville, particulièrement pour son décor de façade réalisé par le célèbre atelier rennais Odorico. Ce bâtiment a été construit vers 1930. Les mosaïques révèlent l'histoire commerciale du lieu. Derrière la marquise en verre et en fonte, des lettres en mosaïque bleue témoignent qu'il s'agissait à l'origine d'une pâtisserie. Le décor, typique du travail d'Isidore Odorico fils, présente plusieurs particularités stylistiques : Style Antiquisant : Le décor s'inspire de lignes "antiquisantes", un courant fréquent dans l'Art Déco qui réinterprète les motifs classiques de manière géométrique. Polychromie et Couleurs : Les mosaïques (tesselles) utilisent des alliances colorées jugées insolites pour l'époque, illustrant le goût d'Odorico pour la polychromie (usage de plusieurs couleurs) et la fragmentation des motifs. Composition : Les motifs décoratifs sont intégrés directement à la façade, créant un contraste avec les matériaux environnants comme le granit ou le béton.
  11.  8 Rue du Combat des Trente. Vous vous trouvez devant l'ancien cinéma Le Royal, un bâtiment emblématique de l'histoire culturelle et architecturale de Saint-Brieuc. Le cinéma a ouvert ses portes le 24 novembre 1932. À l'époque, c'était une salle moderne et prestigieuse qui accueillait même des orchestres (comme le Lily's Orchestra) lors des entractes. Le projet : Il a été construit par le promoteur Paul Lavollée pour remplacer un bâtiment précédent détruit par un incendie en 1931. L'idée était de créer un ensemble mixte comprenant une salle de spectacle et un immeuble d'appartements. Évolution : Après avoir été le cinéma favori des Briochins pendant plusieurs décennies, il a fermé ses portes à la fin du XXe siècle. Les locaux ont ensuite connu plusieurs vies, abritant notamment un bar et une discothèque avant d'être réhabilités en bureaux et cabinets de services. Architecture : Néo Régionalisme Moderniste. Le bâtiment est l'œuvre de l'architecte Jean Fauny (déjà mentionné pour le n°1 de la rue Saint-Benoît).  Façade et Matériaux : Contrairement à d'autres bâtiments Art Déco qui affichent le béton nu, Fauny a ici utilisé un revêtement en granit bleu, donnant un aspect "néo régionaliste" plus robuste qui s'intègre à la tradition bretonne tout en conservant des lignes modernes. L'Angle : L'entrée principale se situait à l'angle des rues Jean-Jacques Rousseau et du Combat des Trente. La façade est rythmée par des ouvertures verticales et des balcons en ferronnerie qui rappellent le soin apporté aux détails dans les années 30. Toiture : Une partie du bâtiment (sur l'angle) possède une toiture-terrasse, tandis que l'ancienne salle de cinéma à l'arrière était couverte d'une structure en ardoise et verre pour apporter de la lumière. Le Royal faisait partie d'un réseau de salles de centre-ville  qui animaient la vie nocturne de Saint-Brieuc avant l'arrivée des multiplexes de périphérie. Aujourd'hui, bien que l'écran soit éteint, la façade reste l'un des plus beaux exemples de la transition entre l'Art Déco et le style régionaliste des Côtes-d'Armor.
                                          Faire la Balade                                          

Pour faire cette balade vous aurez besoin de télécharger le lien Google Maps  en cliquant sur ce lien 

Lorsque vous serez au point départ, avec votre mobile vous serez géolocalisé et vous suivrez le fil bleu de cette balade selon l'itinéraire du fil d'Ariane.

Bonne balade 🙂 🙂

Merci de publier :

  • vos photos des belles façades sur la page Face Book de « France Art Déco »
  • vos remarques sur le parcours lui même, dans les commentaires de ce blog..
St Brieuc - Balade Art Déco
Tag(s) : #Balade...
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